Proposer son projet à un éditeur : quelques bonnes pratiques

Cela fait bientôt trois ans que j’ai rejoint Walrus-Books, pour mon plus grand bonheur. Cela représente des dizaines de titres publiés, mais aussi des centaines de propositions reçues. Dans ce billet, je voulais partager avec vous quelques réflexions sur ce que j’ai vu de mieux en terme de pratiques.

Pour la plupart des écrivains, cet instant est souvent vécu comme un grand moment où le stress et la peur combattent l’excitation : « vais-je me faire retoquer ? », « mon projet va-t-il plaire ? »
Ces questions sont légitimes, et je me permettrai d’y apporter quelques réponses dans un futur billet.

En attendant, dans celui-ci, ce qui m’intéresse, c’est de partager un peu de retour d’expérience, vous aider à aborder le mieux possible cette étape : la proposition du projet.

Notez au passage que je n’utilise que très rarement le terme « soumission ». Il y a dans ce mot une connotation, un rapport de force que je n’approuve pas. Je m’applique à parler de projet, et de proposition : je trouve cela bien plus valorisant pour l’auteur comme pour l’éditeur.

Les bonnes pratiques

Présenter son bébé dès le mail (la lettre)

En règle générale, vous allez faire accompagner votre texte par un mail. Celui-ci n’a en aucun cas besoin de tout détailler. Néanmoins, décrire en quelques mots le sujet, le genre (Sf, fantasy, multiclassé, etc.), le lectorat cible, la taille (caractères / nombre de tomes ou d’épisodes) sera d’un grand secours, ne serait-ce que pour l’aiguiller vers les bons « lecteurs » ou responsables de collection.

Si vous avez déjà publié, donnez les références. Notez cependant, que ceci est complètement facultatif.

Joindre un syno

Cela tend à devenir une habitude. De plus en plus d’entre vous joignent un fichier à part de leur texte qui résume en une page ou deux l’intégralité de l’histoire. Cela permet de rapidement se faire une idée du potentiel, de l’ambition narrative, et bien souvent, déjà, du style de l’auteur.
Notez que certains forums d’entraide comme Cocyclics permettent de travailler cette présentation.

 Le fichier lui-même

De grâce, suivez les recommandations suivantes :

  1. utilisez la première page pour poser (ou répéter) vos noms, prénoms, éventuel pseudo pour la publication, adresse complète (portez une attention particulière sur votre adresse mail), titre, taille de la proposition en nombre de caractères
  2. activez le pied de page : insérez-y votre nom, le titre de l’oeuvre, le numéro de page sur le nombre total de pages.
  3. évitez les formatages farfelus : choisissez une police classique, une taille raisonnable et justifiez votre texte. Tout cela est plus agréable pour le lecteur.
  4. préférez un format de fichier éditable (odt, doc, docx, rtf) car il nous permet de poser des annotations. Le PDF, okay, c’est synonyme de lecture assurée partout, sur n’importe quelle plateforme mais ce n’est vraiment pas pratique pour ce que vous attendez de nous : faire des remarques sur votre texte.
  5. pour assurer une bonne lisibilité :
    1. attention à la présentation de vos dialogues : pensez au tiret sur cadratin
    2. assurez-vous d’un décalage vertical entre paragraphes, et un alinéa en début de ceux-ci.

L’oeuvre elle-même

La forme

A moins d’être un écrivain ayant des millions de caractères au compteur, évitez de proposer un texte qui n’est encore qu’un premier jet. Avant l’éditeur, osez présenter vos récits à des bêta-lecteurs : amis proches, mais aussi des inconnus sur un forum d’entraide.  Surtout, n’envoyez rien qui n’ait été au moins passé par le correcteur orthographique de votre traitement de texte.
Si vous le pouvez, traquez les tics d’écriture, les trop fréquentes répétitions de termes comme de tournures de phrases.

Au niveau des dialogues, posez-vous deux questions :

  1. sait-on de manière sûre qui parle ?
  2. les dialogues ressemblent-ils réellement à la façon dont des personnes s’exprimeraient ? (lisez vos dialogues à voix haute : ça vous semble bon ? ou trop « écrit », pas assez « oral » ?)

Bref : relisez-vous souvent, corrigez beaucoup et demandez de l’aide pour améliorer votre récit.

Si vous n’avez pas pris soin, avec un certain degré de professionnalisme, de votre récit, quel sera, à votre avis, l’idée que se feront de vous les éditeurs ?

Le fond

Là encore, c’est souvent par un ami, un lecteur attentif, que vous pourrez traquer les incohérences. La tête dans le guidon, l’auteur ne voit pas toujours qu’il a posé des « règles » au début du récit, et qu’il en déroge ensuite.
Ou qu’il fait dire quelque chose à un personnage alors qu’il ne peut pas être au courant.
Ou, à cause d’une mauvaise gestion du découpage lieu/temps, un personnage se retrouve sur deux scènes alors que c’est physiquement impossible.
Ou qu’une blessure est oubliée.
Etc. etc.
Les exemples sont nombreux.

Je l’ai déjà un peu abordé ci-dessus, mais il faut également se pencher sur la gestion du temps qui passe. Une faute courante est de ne pas tenir bien compte des déplacements.
Dans un univers de type médiéval, couvrir de longues distances prend du temps : est-ce que cela se ressent bien dans votre récit ? 

Un point important pour finir : vos personnages.
Sont-ils assez bien caractérisés ?
Pour le savoir, questionnez vos premiers lecteurs : quelles images conservent-ils de vos premiers rôles, aussi bien physiquement que moralement ? Est-ce en accord avec ce que vous avez voulu pour eux ?

Pour vous aider dans cette partie ô combien importante, je vous renvoie vers ces deux articles intéressants :
Chez Neil Jomunsi : construisez vos personnages de A à Z
Chez Le Renard Loquace : donner vie à ses personnages

Quelques erreurs à éviter

Soyez « neutre » dans votre mail de présentation. Évitez de jouer sur l’humour, à moins d’être très à l’aise à en manier :  cela pourrait se retourner contre vous.

Attention à certaines phrases qui par maladresse, ou par leur tournure, pourrait laisser penser que vous vous montrez arrogant :
« Merci de le publier », « mon roman est parfait », « j’attends de vos rapides nouvelles », etc.

Renseignez-vous un minimum sur l’éditeur que vous contactez : ses récentes publications, sa ligne éditoriale, etc. Votre oeuvre le concerne-t-il vraiment ? Accepte-t-il toujours les propositions ?

Prêt ?

Si après avoir lu tout ceci (et bien d’autres conseils utiles visibles un peu partout sur la toile), vous vous sentez prêt, pourquoi ne pas nous proposez votre récit ?
Cela se passe ici :

 

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