Critique : WORLD WAR Z, chronique d’une invasion zombie

Je ne suis vraiment pas fan du genre « Zombie » ou « Survival » (genre Alone in The Dark, Resident Evil, etc). Mais, il y a peu, je suis tombée sur cette illustration sur le site DeviantArt (cliquez sur le lien). Impressionné par le dessin et par la description, je me suis mis à la recherche du livre qui avait inspiré l’artiste. « World War Z, une histoire orale de la guerre des Zombies » par Max Brooks a été publié aux states en 2006. En 2007, il rafle un prix pour sa version « audio » et est drafté par Hollywood (la boîte de production d’un certain Brad Pitt) pour une adaptation prochaine.
Traduit par Patrick Imbert cette année aux éditions Calmann-Lévy, il aura donc fallu attendre trois ans pour avoir la version française. A peine en rayon, quun exemplaire était sur ma table de nuit. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la lecture aura été rapide. Pour quelle impression ? Et bien pour être honnête …Ce livre ne se présente pas sous la forme d’un roman au sens traditionnel, c’est à dire que l’on n’a pas à faire à une histoire à un ou plusieurs points de vue où l’on suit les héros de bout en bout. Non, ici, l’auteur prend le rôle du narrateur et devient un journaliste de l’après-guerre. Il enregistre des témoignages aux quatre coins du globe de « survivants » ayant suivi es évènements parmi les plus importants de cette Guerre Z. Malgré cette longue succession d’interview, le livre suit un plan : des Premier Symptômes aux Adieux, en passant par la Grande Paniqu et la Guerre Totale.

couverture WWZ

couverture WWZ

Alors certes, tout est ensuite romancé. Les descriptions se recoupent petit à petit afin de se représenter un tableau global de la situation de notre monde pendant cette effroyable guerre. Même si de nombreux points sont occultés, même s’ils manquent un paquet de réponses à nos légitimes interrogations et surtout même si aucune date ni réelle durée ne sont affichées, l’auteur réussit le petit exploit d’ancrer profondément son récit dans notre actualité. La Vraie, celle d’aujourd’hui.

Max Brooks a dû passer un bon moment à décrypter l’actualité géopolitique et à s’instruire de différences des cultures autour du globe en terme de potentiel militaire essentiellement.
Du coup, la « réponse » chinoise à l’apparition des premiers « Z » est criante de réalisme tout comme la bassesse du trafic des passeurs asiatiques. La prolifération du virus à l’échelle de la planète flanque la frousse. L’escalade du conflit sur certaines frontières, l’isolement israëlien, la fuite japonaise… Toute cette partie est d’une redoutable efficacité ! On y est, on le revit avec les témoins.

Malheureusement, en comparaison, dès qu’on attaque la partie « romanesque », le soufflet retombe. La fameuse bataille du Yonkers laisse un petit goût amer : quand on sait l’importance que donne toute armée à la logistique, on ne peut que s’étonner que cette bataille rangée ait pu finir dans un tel fiasco.
La description du virus qui réanime les morts en « Z » (les zombies, les Zacks ou goules suivant le nom que donne la personne interrogée) et qui permet à ces morts-vivants de se déplacer sans respirer, de fonctionner à l’instinct et en meute mais sans intelligence, de résister aux plus fortes pressions mais à à des coups de pelles sur le crane… et bien là, j’avoue avoir ressenti une grosse frustration. A croire que l’auteur souhaitait à tout prix que les américains soient le fer de lance de la révolte, que les USA redonnent espoir au monde en purifiant leur pays sans pour autant offrir une résolution totale.

Ce couplet là aussi est difficile à digérer : une fois encore, ce sont les américains qui ont un président « couillu » et lucide pour mener la contre-attaque. Ce sont encore eux qui arrivent dans une panique totale et une humanité décimée, terrorisée, à relancer une industrie de guerre et une économie tangible. Mais avec quel moyen humain, sur quelle échelle  ? Mystère !

En bref, j’ai aimé la forme du bouquin (interviews suivant un plan, de l’infection jusqu’à l’état du monde après guerre) ainsi que l’idée pandémique accentuée par la mondialisation. La narration de l’auteur est efficace, le scénario est bon et les différents interlocuteurs sont globalement bons (quelques faiblesses sur certains mais quelques uns sont vraiment bien !).
A recommander ? Oui, sans aucun doute. Mais les fans du genre préfèreront sans doute un « Je suis une Légende  » de Richard Matheson.

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