Honnêtement, ce n’était pas du tout ce que je cherchais à ce moment-là et c’est très éloigné de la SF « space op » ou « cyber » que je lis par habitude. Mais, dans le cadre de recherches sur une idée de nouvelle à écrire, je me suis laissé tenté par ce « sorcière pour l’échafaud« . Sans doute le 4ième de couv avait-il été particulièrement soigné.
De quoi parle-t-on ? Ce monde pourrait être le nôtre, la Terre du début du 21ième siècle avec sa techno et ses moyens de transport. Mais il n’en est rien. Cette Terre a connu deux évènements marquants. Le premier fut baptisé « Ange » : un virus échappé d’un laboratoire militaire qui dévasta près d’un quart de l’humanité. Le second, ce fut le « Grand Tournant », l’avènement de races supposées mythiques : vampires, esprits, élémentaires, pixies, nains, sorciers, etc etc…. On les appelles les « Outres ». Tout ce beau petit monde et les humains cohabitent… sans vraiment se mélanger !
Réfugiés dans les centres villes, les humains vivent mal l’arrivée de cette magie. Pour les rassurer, deux entités policières furent créées : le BFO (Bureau Fédéral de L’outremonde) côté humain et le SO (Sécurité de l’Outremonde) dirigé par des Outres. Ce dernier opère surtout dans le Cloaque, quartier dévolu aux êtres magiques.
Notre héroïne s’appelle Rachel Morgan. C’est une sorcière diplomée mais surtout, c’est une « coureuse » dans le plus pur esprit « shadowrun » : elle traque pour le compte du SO tous ceux qui font un usage illicite de la magie/sorcellerie. Mais voilà, pas super bien vue par sa hiérarchie, elle veut devenir indépendante. Et pour cela, une seule solution : démissionner ! Or, personne ne démissionne du SO, seule la mort permet de rompre le contrat. Rachel tente quand même le coup en emportant avec elle le dossier d’une ultime enquête. Si elle coince un ponte local de la drogue, elle troquera ses infos contre l’immunité.
Pour le temps de l’enquête et pour rester en vie dans le Cloaque, elle trouve des alliés inattendus : Jenks, un pixie bavard, et relativement intrépide et surtout, Ivy, vampire vivante, ex du SO comme elle. Et des rebondissements, il y en a à a pelle : chaque chapitre permet de connaître un peu mieux Rachel et ses amis ainsi que ses ennemis.
La force de ce bouquin réside dans le ton léger, franchement décalé dans l’humour, qu’utilise l’auteur pour suivre les péripéties de son héroïne un rien naïve. La construction des personnages est bien plus soignée que l’intrique elle-même, qui ne casse pas franchement des briques. La vampire Ivy par exemple est superbe : elle n’est pas encore « morte » et ne dispose donc pas de tout son potentiel et en plus, elle a fait le choix de ne pas boire de sang humain (du moins, pas sur un qui marche encore). Mais ses pouvoirs fonctionnent déjà et sont sources de beaucoup de situations difficiles dans sa cohabitation avec Rachel.
La description du monde est aussi très intéressante : certes, au départ, on est un peu frustré de devoir deviner pourquoi il y a cette séparation humain/outres. Mais rapidement, on se rend compte que les informations tombent dans les moments appropriés et les pièces du puzzle recomposent le tableau général en quelques chapitres. L’usage de la sorcellerie ainsi que ses limitations sont bien rendus.
Au final, on a un bouquin qui n’inscrira son titre sans doute à aucun tableau d’honneur ou prix mais qui a le mérite de se lire en toute simplicité. Un bon moment de lecture sans avoir à tourner les pages avec agacement.
Ce livre de Kim Harrison a été publié durant l’été 2007 par Bragelonne. L’éditeur a déjà publié deux des quatre tomes suivants.
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